Wednesday, November 19, 2014

NOTE DE PRESSE DU MOPOD SUITE AUX VIOLENCES EXERCEES SUR L’OPPOSITION LE 18 NOVEMBRE 2014

Le Mouvement Patriotique de l’Opposition Démocratique (MOPOD) note que les partisans du pouvoir politique en place ont interrompu par la violence et dans le sang la manifestation pacifique organisée par l’opposition démocratique le mardi 18 novembre 2014 pour exiger le départ du pouvoir de l’équipe Marthely/Lamothe.
Les manifestants ont été attaqués par jets de pierres à plusieurs endroits. A la hauteur de Delmas 32, des civils armés, bénéficiant de la plus grande passivité de la Police Nationale d’Haïti (PNH), ont ouvert le feu sur les manifestants. Le bilan provisoire est le suivant :
1.- Jocelin Virgil, âgé d’environ quarante (40) ans, a reçu une balle au pied ;
2.- Pétion Renel, quarante-neuf (49) ans, a reçu une balle au cou et se trouve aujourd’hui dans un état critique ;
3.- Reginald Sinas, vingt-neuf (29) ans, a reçu une balle au pied ;
Les blessés ont été transportés à l’hôpital par la Police qui n’a pas réagi contre les agresseurs. Plusieurs cas de mort sont aussi signalés.
Selon les informations recueillies par le MOPOD, ces actes de violence seraient l’œuvre du groupe base Sullty (basée à Delmas 32), proche du Ministre de la communication, Rudy Hériveaux, de base Kèkal de Delmas 34, agissant sous la houlette de l’agent exécutif intérimaire de Delmas, Monsieur Wilson JEUDY. Un véhicule de marque Toyota, Landcruiser, communément appelé Zo Reken,  immatriculé au numéro SE- 02570, est aussi impliqué dans les violences. Un agent de la PNH cantonné au Palais National, auteur des tirs, a été vu à bord de ce véhicule.
Le MOPOD condamne ces actes de violence commandités par le pouvoir qui rappellent trop étrangement le massacre de Saint-Jean Bosco avec des brassards rouges agissant sous la houlette du tristement célèbre Franck Romain, alors Magistrat de la capitale.
Le MOPOD condamne également les manœuvres du commissaire du gouvernement près le Tribunal civil de Port-au-Prince, Me Kherson Darius CHARLES qui, au moment même du déroulement des faits – bien que non présent sur les lieux – est intervenu sur les ondes de radio Métropole pour attribuer – selon un rapport de police imaginaire – la responsabilité des incidents à l’un des manifestants, le député Arnel BELIZAIRE. Se présentant au Parquet pour répondre de l’avis de recherche lancé sur les ondes par le chef de la poursuite, le député BELIZAIRE, après plusieurs heures d’attente,  a été invité à rentrer chez lui. Le commissaire du gouvernement, pris de cours par la comparution immédiate du député, et qui n’aurait pas eu le temps de monter son dossier, a reconnu s’être trompé.
Le commissaire Kherson Darius CHARLES est passé pour maitre dans l’art de la manipulation et prend un malin plaisir à transformer les victimes en bourreaux. Le MOPOD a encore en mémoire le fait par ce commissaire d’avoir transformé une affaire civile (conflit de loyers)  en pénale pour émettre des mandats d’amener contre deux dirigeants du MOPOD, l’homme d’affaires THIDE JEAN NAZAIRE et son avocat Me ANDRE MICHEL. L’affaire est aujourd’hui pendante au Tribunal civil de Port-au-Prince dans le cadre d’un recours en habeas corpus préventif. Et, Me. ANDRE MICHEL fait également l’objet d’un mandat d’amener émis par le Juge d’instruction Lamarre BELIZAIRE pour les prétendues violences enregistrées lors de la Manifestation du 17 octobre 2014.
Le commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Me Kherson Darius CHARLES, prouve de manière éclatante que les actes de violence perpétrés sur les manifestants ont été planifiés par le pouvoir qui s’est arrangé avec la justice pour en faire porter la responsabilité aux victimes.
Le MOPOD rappelle que le droit à des réunions pacifiques sur la voie publique est consacré par la constitution et qu’il ne se laissera pas intimidé.
Le MOPOD présente ses sympathies aux victimes et souligne à l’attention des militants du changement que la victoire leur est promise.
Le MOPOD invite le pouvoir à cesser d’utiliser les biens et ressources de l’Etat à des fins partisanes et de violence d’état.
Le MOPOD prie le pouvoir de mettre un terme à l’utilisation de l’appareil judiciaire comme outil de persécutions politiques et de libérer sans terme ni délai les prisonniers politiques.
Le MOPOD formule le vœu que les responsables directs et indirects des actes de violence du 18 novembre soient traduits par devant leurs juges dans le cadre d’un procès juste et équitable et que la vérité soit établie. Qui a ordonné de tirer sur les manifestants ? Qui a tiré ?  Pourquoi le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince au moment des faits a tenté de faire porter la responsabilité des évènements aux manifestants ? Qui lui a donné l’ordre d’agir ainsi ? Avait-il participé à une réunion de planification des violences perpétrées  sur les manifestants ? Où ? Quand ? Voilà autant de questions que la justice véritable devra élucider pour que les victimes obtiennent réparations. Le MOPOD s’engage à aller dans cette direction et à continuer la lutte jusqu’à la victoire finale.
La mobilisation se poursuit.
 
Pour le MOPOD : Dr Turneb DELPE


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